Hommage à MU Wui Fat : « L’homme, la mer et la montagne »

« Le meilleur arrosage pour la terre, c’est d’abord la sueur de l’homme. « papa et fei

(Bernard Moitessier)

Cette citation résume bien la philosophie de vie de Mr Mu Wui Fat, né à Avera le 25 avril 1940.

En 1948, il perd sa mère emportée par le tétanos. Son père étant peu présent, il se construit et apprend alors auprès de son grand-père les bases de la culture de la vanille, le dur labeur du coprah ainsi que des rudiments de commerce jusqu’à sa mort en 1962. Il DSC09733complète également son apprentissage auprès des commerçants de l’île et des anciens de Taputapuatea qui lui enseignèrent différentes techniques de pêche (filet, pêche au fusil, à la ligne, à l’épervier, au harpon, etc.).

En 1961, il se marie à Raiatea et décide de tout quitter et de tenter sa chance sur Tahiti avec son épouse. Il se lance donc dans un fa’apu sur Faa’a avec juste un bocal de graines de haricots en poche et beaucoup de volonté. Après avoir travaillé durement pendant quelques années, il parvient à faire venir le reste de sa famille laissée sur Raiatea.

Son expérience lui permit de gagner différents prix aux foires agricoles où il pouvait exhiber fièrement ses plus beaux fruits et légumes.

La pêche était une autre passion et il attendait avec impatience le week-end pour pouvoir s’évader. Petit instant de liberté au milieu du lagon.

A la suite d’un grave accident de la route dans les années 1970 qui le diminua physiquement, il décida malgré tout de continuer l’agriculture afin de nourrir sa famille.

Poto comme on le surnommait a passé sa vie entre la montagne et la mer et à transmettre à ses enfants et petits enfants, le goût de l’effort et son amour de la terre et de la pêche.

Jusqu’au jour de son décès, il ne quittera plus cette commune de Faa’a, qu’il aimait tant. DSC09742Les habitants de la commune qu’il a côtoyé pendant plus de 50 ans se souviendront sans aucun doute de ce petit homme au grand coeur qui vendait du poisson et des légumes à l’arrière de sa Land Rover.

Le 14 septembre dernier, la famille a tenu à lui rendre hommage sur l’eau en lui offrant une pirogue en bois, symbole de son amour de la pêche et de son attachement à son île.

Si Dieu lui posait la question : « Poto, qu’as-tu fait dans ta vie ? » Il répondrait certainement : « J’ai fait du pain à manger » (Une de ses phrases cultes).

Chan MU