Transformer les plastiques en carburant ne sera plus un rêve

Ce mardi matin, le maire de Faa’a, Oscar Temaru a présenté au conseil municipal de Faa’a et aux médias deux ingénieurs japonais : M.  Kiyoshi Nakajima, vice-président de Blest Company et inventeur de la machine à transformer le plastique en carburant et M. Hidetaka Yamaushi, directeur général de Enzo Planning – commercial. Ces derniers sont venus effectuer des démonstrations assez particulières : la transformation de plastiques (comme les capuchons de bouteilles) en… Carburant.

Les ordures non recyclables

Le traitement et la valorisation des ordures ménagères non recyclables a toujours été au cœur des préoccupations de la municipalité de Fa’a’a. C’est lors d’un précédent déplacement au Japon que M. le Maire a rencontré les responsables de la société Blest Society laquelle a inventé une machine pour recycler les bouteilles, les bouchons et les sacs en plastiques en les transformant en pétrole non raffiné, composé de kérosène, diesel, d’essence et d’huiles lourdes.

Au début de leur conception, les machines Blest ont été vendues à des écoles et usines japonaises et face au succès rencontré, le procédé « révolutionnaire » a conquis d’autres continents tels que l’Afrique, l’Europe de l’Est et plus proche de chez nous, Palau.
« Un kilo de sacs plastique donne un litre de carburant », selon Kiyoshi Nakajima, l’inventeur de la machine de traitement.

Un nouveau procédé

Le procédé a de quoi séduire. En effet, en plus de réduire le tonnage des déchets, la machine abaisse aussi drastiquement (-80%) les émissions de CO2 puisque ces détritus ne sont plus brûlés en incinérateur. Le plastique est transformé en gaz qui est ensuite refroidi et liquéfié en carburant. Il existe six modèles de machines de transformation pouvant traiter entre 200 kilos et 8 tonnes de plastiques. Là aussi, sur les six modèles de plastiques connus, trois sont exploités ; ceux dits « recyclables » qui sont le Polypropylène (PP), le Polyéthylène (PE) et le Polystyrène (PS). De même, « un kilo de plastique recyclable donne un litre de carburant ! » a précisé Kiyoshi Nakajima lequel a également tenu à donner un sentiment personnel : « Si j’ai créé cette machine, ce n’était pas pour moi, mais pour ramener une certaine légitimité aux paysages du monde. Principalement là où on aura besoin de nos machines. Vous savez, il y a quelques années, vos plages faisaient rêver mais aujourd’hui, quelque chose a changé. Pensez à vos enfants, aux générations futures. » Un sentiment partagé par M. le Maire.

De 30 à 50 millions FCFP sont nécessaires pour l’achat d’une machine et d’un générateur pouvant traiter 200 kilogrammes journaliers de déchets plastiques.

A partir d’aujourd’hui, des démonstrations dans les écoles ou des expositions au grand public sont programmées. « Il est tout à fait possible d’utiliser les plastiques des « barquettes » ou autres contenants alimentaires et ce, bien qu’ils aient déjà été enfouis et salis par de la terre. Cela ne causera aucun problème. La machine possède un filtre pouvant séparer la matière terreuse du sachet en plastique», a assuré M. Kajima KYOSHI.

Autres éléments qui pèseront certainement dans la décision finale que prendra le conseil municipal : l’utilisation de cette huile transformée permettra de diminuer la consommation municipale en carburant d’environ 13 millions FCFP (engins et voitures de la commune…) ou encore d’alimenter les pompes hydrauliques chargées de la distribution d’eau, grâce au générateur… Des économies sont à attendre, à minima, et M. le Maire mise aussi sur une préservation de notre environnement via l’éducation de nos enfants ainsi que sur une possible mise en place d’activités (rémunérées) liées à la transformation de ces matières…