Chefs d’établissements scolaire

PORTRAIT DES CHEFS D’ÉTABLISSEMENT SCOLAIRE


CORINNE FERREY, directrice de l’école Pamatai

Directrice de l'école Pamatai, Mme Corinne Ferrey

Directrice de l’école Pamatai, Mme Corinne Ferrey

De nature douce, calme, avenante mais non moins combative, notre Pocahontas de Faa’a nous partage son quotidien avec les enfants de Pamatai. Son défi : redorer l’image de l’école de Pamatai et de proposer des nouveautés dans les projets de l’établissement. Cela représente ses préoccupations majeures.

Normalienne de formation, le diplôme en poche Corinne Ferey est affectée à l’école de Pirae pour ses premières années d’enseignement en classe de CP. Ensuite, étant très attirée par les classes de maternelle, elle intègre l’école de Tamanu à Paofai, école d’application avec un public de parents de milieu plutôt favorisé ou elle passe son CAFIPEN (certificat d’aptitude de formation).

Arrivée à l’école Heiri maternelle : c’est le premier choc culturel qui se présentait à elle : avec un public mixte. Elle sent de suite la différence avec ses petits interlocuteurs issus de milieu défavorisé ! Une première approche qui la pousse à s’améliorer et à donner aux enfants l’envie de lire et d’apprendre. Elle y reste 4 ans puis se retrouve au ministère chargée de mission. En aout 2014, elle postule pour le poste de directrice à Pamatai qu’elle passe avec succès.

En arrivant, malgré une grosse cohorte et avec une petite appréhension elle relève le défi. Le challenge pour elle de suite à relever : se dire que tous les enfants peuvent réussir avec leurs difficultés et casser avec le mythe de l’école de Pamatai « école avec de l’insécurité, un niveau bas pour les enfants de milieu en difficulté.

La dimension du climat scolaire, c’est le premier problème à prendre à bras le corps. C’est-à-dire à Pamatai il y a tout le temps des bagarres ! Les conflits doivent être réglés de suite. Pour moi, l’école doit représenter pour les écoliers une bulle propice à l’épanouissement intellectuel.

Par rapport au déménagement de l’école, ce n’était pas du tout évident ! Les difficultés rencontrées étaient de 2 ordres : il fallait s’adapter aux enseignants des écoles d’accueil, de l’organisation et surtout l’éloignement des parents. En effet, cela a créé une rupture du lien qui a été pourtant si difficilement gagné avec les enfants et parents.
Les projets qui me tiennent à cœur : « Je suis né à un endroit et je suis citoyen de la planète Terre » je souhaite que tous les élèves de Faa’a connaissent le monde, qu’ils découvrent autre chose que leur quartier. La plupart n’ont jamais voyagé, ne connaissent même pas Moorea. Du coup, c’est l’axe de la culture qui a été retenu de par l’engouement qu’elle suscite chez les parents. Des voyages culturels en Nouvelle-Zélande ont été organisés.

Un autre projet qui me semble important est « écocitoyen », l’objectif : obtenir un écolabel l’école pilote et j’en suis très heureuse. J’éprouve une immense satisfaction dans l’aboutissement de ce projet. Etant donné que notre Tavana est aussi dans cette logique. Au-delà de cela l’alimentation, l’atelier du gout le diabète reste un fléau bien présent à l’école Pamatai. On sent que les élèves sont en réelle souffrance c’est pour cette raison que nous souhaitons mettre en place cette action de santé publique !

Pour conclure, le message que l’on essaie de véhiculer avec les enseignants, chaque enfant est important. Il doit se sentir important et ainsi il te respectera aussi à son tour. Quand on recadre un enfant ce n’est pas par méchanceté mais pour fixer le cadre à ne pas dépasser. De ce fait, il pourra évoluer et réussir dans sa scolarité. Ces enfants sont pleins d’amour il faut à tout prix leur donner l’envie d’apprendre.

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NOELANI TAEAE, directrice du collège Notre-Dame des Anges (NDA)

Directrice du collège NDA

Directrice du collège NDA, Mme Noelani Taeae

Très active, douce et toujours avenante, Noelani TAEAE, notre fée clochette, a été récemment nommée directrice du collège NDA. Ayant toujours baigné dans le monde de l’éducation, elle nous confie que sa mission n’est pas évidente tous les jours mais reste au combien passionnante ! Découvrons ensemble son portrait.

Avec 660 enfants au collège, de la 6e à la 3 avec 43 personnels enseignants et 19 non enseignants commun à l’école maternelle et au collège NDA, Noelani ne chôme pas ! Elle estime que le collège fonctionne bien.

Noelani Taeae est depuis novembre 2017 directrice du collège NDA (Notre-Dame des Anges). Enseignante d’anglais pendant 11 ans au collège Anne-Marie Javouhey puis affectée au lycée professionnel à Saint-Joseph. Son terrain de prédilection : les jeunes ! œuvrer pour leur avenir elle en fait son cheval de bataille ! Travailler en lycée professionnel notamment en CETAD avec des élèves en décrochage scolaire fut sa plus belle découverte professionnelle. J’arrive à NDA riche de toute cette expérience et surtout avec ce regard sur ce que l’école doit être. Le travail par projet est en route avec une autre approche pédagogique, rendre l’élève acteur du projet en accompagnant les enseignants afin qu’ils sortent de leur zone de confort et travailler autrement avec nos jeunes aujourd’hui et demain. La richesse du collège NDA réside dans le fait que les enseignants sont déjà dans cette mouvance.

La culture, l’environnement et la santé font désormais partie des axes phares du collège. Bâtir des ponts avec les peuples voisins (Hawaii, île de Pâques, Nouvelle-Zélande) me semble primordial.

« L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde de Nelson Mandela ». Au lycée professionnel, cette citation était inscrite sur les pages de garde de mes élèves. Elle me parle énormément car c’est ce qui manque à notre jeunesse d’aujourd’hui, cette envie de se construire, de s’éduquer, ce sentiment parfois que l’école manque de sens. Il faut que notre jeunesse se construise professionnellement pour pouvoir faire notre Polynésie de demain « épanouie et autonome ».

La délinquance n’est pas spécialement ressentie dans l’établissement contrairement aux abords. Des groupes de jeunes se forment et viennent, il faut absolument que les élèves restent à l’intérieur pour s’occuper avec des activités prévues par le collège. Concernant la drogue, plusieurs campagnes de sensibilisation sont prévues avec la participation du fareTamahau.
La religion esttrès présente à NDA, les valeurs du respect, l’amour de son prochain, le partage, la quête du bonheur correspondent aux thèmes à transmettre aux jeunes. C’est un temps d’écoute très important.

Mes perspectives pour la fin d’année de 2018, c’est d’atteindre le pourcentage de réussite au DNB supérieur à l’année dernière. C’est important également le bon choix de leur orientation après la 3e. Un projet qui me tient à cœur pour la rentrée : l’aquaponie avec les 6e sera mis en place.

Pour conclure, la « bienveillance » c’est mon mot que je choisirai pour définir ma mission. C’est ce qui doit être en chacun de nous. Si l’on peut véhiculer à chacun des membres de cette communauté adultes comme élèves la bienveillance je pense que c’est gagné !

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MYRIAME CADOUSTEAU, directrice de l’école Heiri maternelle

Directrice de l'école maternelle Heiri, Mme Myriame CADOUSTEAU

Directrice de l’école maternelle Heiri, Mme Myriam CADOUSTEAU

Myriame Cadousteau notre princesse Mulan se bat pour obtenir un environnement propice à l’épanouissement de l’enfant à l’école Heiri maternelle. Cela fait 5 ans qu’elle a succédé à Mareva Juventin à ce poste. Dynamique, acharnée, déterminée et à l’écoute des parents, elle fait en sorte que tout se déroule bien dans son école ! Découvrons ensemble quelle attitude adopte t-elle face à toute cette responsabilité ô combien passionnante et prenante !

Institutrice à l’école Ruatama (Pamatai) de longue date en section des grands, Myriame a décidé de relever le défi en candidatant au poste de directrice de l’école maternelle de Heiri à Piafau. A ses débuts, elle a fait sa première classe à Heiri. Elle est passée ensuite par l’école Tuterai tane, école d’application renommée pour le haut niveau des enfants. Sortir de cette facilité, Myriam opte pour l’école de Ruatama. Là, effectivement, le choc fut brutal. La différence de niveau fut radicale et stressante. Originaire de Faa’a, elle aime énormément sa commune et souhaitait réellement être un élément actif malgré la mauvaise réputation de Faa’a.

La réalité est dure : une famille vivant à 40 personnes sous un toit il n’est pas rare d’en trouver sur Faa’a. Malgré cette situation si délicate, Miriame restait admirative par les valeurs que ces familles émanent. Le respect : ces familles elles l’avaient bien ancré en eux ! C’était magnifique à observer cela te pousse à vouloir tout faire pour que ces élèves réussissent et soient épanouis dans leur scolarité.

Aujourd’hui, on peut affirmer que le niveau scolaire de la commune de Faa’a est bien relevé. Grâce à tous les dispositifs et projets éducatifs mis en place par l’Éducation, les enfants comprennent bien, apprennent mieux et deviennent donc beaucoup plus actifs dans les groupes d’ateliers. De plus, des liaisons entre collèges et écoles primaires existent pour accompagner les élèves qui ont en besoin en hors temps scolaire.

Mon métier au quotidien s’articule autour du management qui représente ma plus grande activité.Gérer l’humain ce n’est pas simple ! Ton rôle de directrice d’école est parfois mal vu, tu es obligée de recadrer, rappeler les règles de sécurité. Tu es garant des textes, responsable de la sécurité, des murs et veille à l’application du programme pédagogique. Les relations doivent rester cordiales, sereines et toujours dans le respect de l’autre.

Myriame avoue que ce n’est pas toujours évident mais elle adore son métier. Elle estime que l’école de Heiri est belle, propre, agréable et propice à l’épanouissement intellectuel et social des enfants. Tous les moyens sont réunis pour atteindre cet objectif. L’équipe d’enseignants est superbe pour les 210 élèves. 10 enseignants avec une spécialisée assurent les enseignements dans les classes.

La principale difficulté et particularité que je rencontre à Heiri c’est les intempéries. Lorsque la rivière est en crue et des troncs d’arbre qui y sont jetés. Du coup, cette période représente pour moi, un calvaire et une grande appréhension. La cantine et les toilettes l’an dernier ont débordé. Du coup pour moi, la période de pluie est vraiment synonyme de stress et de mise en alerte.

Par ailleurs, je déplore tout de même un problème de sécurité autour de l’école. Des actes de vandalisme ont eu lieu à deux reprises l’an dernier et l’insécurité sur la route de Heiri est infernale. Cette route est devenue une artère principale. De nombreux véhicules défilent le matin et l’après-midi à la sortie de l’établissement, c’est vraiment ma crainte quotidienne. J’ai vraiment besoin d’agents de police municipale pour assurer la sécurité sur le réseau routier. J’ai remarqué le même phénomène à Pamatai et Piafau.

J’avoue que je suis sévère et parfois « chiante », mais il le faut pour obtenir ce que tu veux ! (rires). A part ça, ce n’est pas toujours rose tous les jours, cette fonction est lourde. Mais j’aime mon métier que je trouve passionnant. J’aime prendre soin de mon école.
Mes perspectives pour la rentrée 2018 : continuer le travail de proximité avec les parents, organiser des actions (couture, tressage, cuisine) avec l’association du quartier Te niu faaui et les engagés civiques durant la pause méridienne. La valeur que je prône est le respect, sans elle tu n’avances pas. Je pense que la vie c’est l’école elle t’apprend à évoluer à être une femme, un homme et réussir ta vie.

Elle rappelle l’importance de lire dans le foyer. Ne serait-ce que regarder les images de Tahiti infos ou les prospectus. C’est important pour l’imagination des petits les images. Grâce aux livres, tu peux voyager dans les pays, apprendre de nouvelles idées. Le sens de créativité et l’imagination d’un enfant est ainsi développés. Sans la lecture tu ne peux pas avoir une vie sociale et réussir les concours plus tard. Transmettre cette passion, le goût de l’effort d’apprentissage, le respect du livre, c’est aussi le rôle des parents. Malheureusement, l’illettrisme est encore bien présent dans les foyers de Faa’a. Les ateliers de lecture à Faa’a sont insuffisants, il faudrait les mettre en place.

Myriame Cadousteau conclut par un grand mauruuru à tous ! Les parents, les enseignants, les partenaires pour permettre l’épanouissement des enfants. Sans toute cette synergie, je pense qu’on n’arriverait pas à obtenir les bons résultats que l’école enregistre.

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DELANO FLOHR, directeur du CJA Outuaramea de Faaa

Directeur du CJA Outuaramea, M. Delano Flohr

Directeur du CJA Outuaramea, M. Delano Flohr

Imposant, élégant, dynamique et avenant, notre beau gosse de l’éducation, Delano Flohr entame sa toute première année au CJA de Faa’a en tant que directeur de cet établissement. Découvrons ensemble son portrait dans ses nouvelles fonctions ô combien prenantes, riches émotionnellement, stressantes parfois, mais tellement gratifiantes humainement parlant.

Delano Flohr, originaire de Huahine, a débuté sa carrière en tant qu’enseignant. Pendant plus de 20 ans dans les écoles, de la maternelle à la primaire, de Mahina à Huahine.Revenu à Tahiti, il a enseigné à Punaauia et Teroma, puis de Punaauia à Huahine en tant qu’enseignant EABIS spécialisé dans le numérique vue la demande forte pour l’utilisation du numérique pendant 7 ans.

Il postule au poste de directeur du CJA dans le but de soutenir ces élèves et leur montrer qu’on peut s’en sortir malgré les difficultés d’environnement familial qu’ils subissent au quotidien. J’ai éprouvé cette envie forte d’aider ces enfants afin de lutter contre leur oisiveté et la délinquance qui en découle. Je suis issu de famille modeste j’ai vécu à Heiri, donc je connais ce milieu ce n’est pas inconnu pour moi. Je veux leur donner un exemple modélisant, leur inculquer qu’avec du courage de l’acharnement de la ténacité, tu peux arriver dans la vie. Leur transmettre le goût de l’effort pour réussir les examens et ne jamais baisser les bras.

L’établissement accueille pour la rentrée 2018-2019 une quarantaine d’élèves, cela peut paraître insignifiant mais je dirai qu’il s’agit d’un nombre satisfaisant. Car si l’on souhaite qu’ils réussissent tous, c’est un travail de longue haine au cas par cas. Il faut les remotivés chaque jour, ce qui est pas évident! Ce qui compte c’est comment on les accueille et comment on s’adresse à eux ! Si tu leur inculques le respect ils te respecteront c’est aussi simple que ça !

5 ateliers existent au cja : la menuiserie, la métallerie, la cuisine, la couture et l’agriculture. Ma grande difficulté au quotidien c’est la violence et la délinquance auxquelles nous sommes confrontés. J’essaie de les faire changer en leur parlant avec respect, en les valorisant tout en sachant c’est ce qu’ils vivent chaque jour ! Ils ne connaissent que ça donc pas évident à les faire changer d’état d’esprit et de comportement. L’écoute et la bienveillance sont nos armes !

Mes objectifs principaux pour cette année, c’est de réconcilier ces enfants avec l’école par le biais de projets qui leur tiennent à cœur comme leur participation à une course de va’a. Essayer de réconcilier les parents avec l’établissement scolaire. Surtout ceux qui ont un peu honte de venir car ils sont conscients que leurs enfants sont en difficulté. Je veux vraiment essayer de les remotivés les faire comprendre que le CJA ce n’est pas une « voix de garage ». Bien au contraire, l’an dernier nous avons une vingtaine d’élèves qui ont continué vers le lycée professionnelle pour une filière diplômante, un a trouvé un emploi c’est superbe !

Son maître mot : « la bienveillance », il me semble que ce concept est primordial dans le fonctionnement d’un CJA. Moi et mon équipe pédagogique l’appliquent constamment dans notre établissement. Donner de l’attention à chaque élève pour les faire progresser c’est notre rôle !

Pour conclure, je souhaiterais m’adresser aux parents, Venez ! Venez au CJA ! N’hésitez pas à venir à notre rencontre ma porte sera toujours ouverte s’ils souhaitent des renseignements ou faire le point sur la scolarité de leur enfant. Le CJA n’est pas une fin en soi, au contraire il peut devenir pour ces élèves un beau début d’une formation diplômante, qualifiante et aboutir à un emploi.

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